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Rencontre avec David de la Cave Ponthieu

Le 26 novembre 2020,par Camille Ragot - Témoignages

"Le caviste (est) sympa !" : C'est la promesse qui nous est faite avant même de rentrer dans la cave Ponthieu située dans le 8e arrondissement de Paris. Et le moins que l'on puisse dire c'est que nous ne sommes pas déçus ! David à la fois caviste, représentant de vins et producteur pour la Maison Aegerter et Clavelier en Bourgogne et pour le Château Yssole en Provence nous accueille dans une cave très charmante séparée en deux espaces, le tout en musique.


Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?

La cave Ponthieu existe depuis douze ans, je l'ai rachetée il y a six ans avec mon associé Paul. La cave est située à proximité des Champs-Élysées, sur le côté droit, en dehors du triangle d'or, dans un quartier qui est atypique parce qu'on se dit "Champs Elysées" mais on est dans un quartier où il y a très peu d'habitants, c'est plus un quartier d'affaires. On travaille donc beaucoup avec les entreprises locales.

C'est un quartier qui a également connu de nombreuses épreuves depuis ces cinq dernières années. Il y a d'abord eu les attentats, puis les gilets jaunes, les grèves, les travaux et le Covid aujourd'hui. C'est un endroit dans lequel il faut avoir du courage pour rester, beaucoup aurait abandonné, nous on essaie d'avoir les reins solides et on est encore en place. Notre but est d'apporter une offre complémentaire à ce qui se fait dans le quartier. On était un des premiers cavistes du secteur. On a été suivi par des cavistes comme Nicolas, aujourd'hui il y en a quatre à moins de 150 mètres sur les quatre points cardinaux. Je pense que les clients cherchent la sécurité en allant chez Nicolas, et nous, nous sommes un caviste indépendant. C'est vrai, c'est une cave qui est un peu différente esthétiquement donc les clients ont parfois peur de rentrer chez nous. Ils pensent qu'on est dans le 8e arrondissement et donc qu'on est une cave très chère. On essaie de leur montrer que ce n'est pas forcément le cas.


"Le but du jeu est de ne jamais se forcer, on est là pour rendre service et ça nous fait plaisir. On s'aperçoit que notre clientèle de quartier avait besoin de ça."



Quels types de produits sont mis à l'honneur chez vous ?

Notre spécialité est la Bourgogne puisqu'on est producteur dans cette région. On met ainsi davantage en avant nos domaines (Maison Clavelier et Aegerter). Pour le reste de la gamme, je dirai qu'elle est établie au coup de foudre. Je fonctionne de manière très binaire : c'est bon/ce n'est pas bon, je prends/je ne prends pas. Ainsi, on a aussi bien des vins de Bordeaux, du Rhône, que de Loire ou du Languedoc-Roussillon, c'est-à-dire un peu de tout, et même une petite sélection de vins étrangers.

On a également une spécialité qui est le vin sans alcool. Cela fait quatre ans qu'on en propose et c'est un réel succès !

Dans le quartier, on a la particularité d'avoir des amateurs de Champagne. Ils en consomment énormément, on a donc travaillé notre gamme de Champagne pour répondre à cette demande.

Enfin, depuis le dernier confinement on a développé l'offre des produits d'épicerie. On propose des fromages fermiers de petits producteurs essentiellement.



Comment vivez-vous cette période particulière en tant que commerçant ?

Je suis resté ouvert trois quatre jours par semaine pendant le premier confinement, le "vrai" confinement, si je puis dire parce que la situation actuelle n'est pas du tout la même. Pour garder le lien avec mes clients, je leur envoyais une newsletter pour les tenir informer des horaires d'ouvertures, j'ai également mis en place des livraisons. En fait, je considérais que j'étais là pour leur offrir un réel service, encore plus que d'habitude.

Ce deuxième confinement n'a rien à voir. Il y a beaucoup de gens qui vont au bureau pour travailler et je constate qu'ils se font davantage plaisir. Ils n'ont plus l'occasion d'aller au restaurant le midi donc ils viennent chercher des bouteilles à emporter, de très belles bouteilles d'ailleurs.


"si les gens viennent dans une cave pour acheter leurs vins c'est pour le conseil avant tout."


Qu'est ce que cette crise à changer dans votre manière de travailler ?

Pour ma part, je ne dirai pas que cela à changer grand chose, on l'avait déjà un peu anticipée avec tous les évènement qu'on a subi ses cinq dernières années. On avait vraiment réfléchi à offrir du service supplémentaire, nous ne sommes pas que cavistes, nous sommes aussi un point relais pour notre clientèle de quartier. Les gens savent qu'ils peuvent nous faire confiance, on est ouvert sur une plage horaire qui est assez importante. Le but du jeu est de ne jamais se forcer, on est là pour rendre service et ça nous fait plaisir. On s'aperçoit que notre clientèle de quartier avait besoin de ça.



Pensez-vous que cela aura pour conséquence une transformation du métier de commerçant ?

Oui forcément ! On va se retrouver avec d'autres modes de consommation et effectivement la mise en place de click and collect par beaucoup de commerçants, par exemple, m'a poussé à réfléchir à ce sujet. Jusqu'alors je n'avais pas de site internet, ni de site vitrine. Je suis donc en train de le mettre en place grâce à la solution offerte par Wino. Je trouve cela intéressant car ça nous permet d'avoir des outils supplémentaires pour communiquer avec notre clientèle. Et bien sûr si ça peut nous aider à créer du trafic en boutique ou à augmenter les ventes bien sur on est preneurs.

Après je pense qu'il ne faut pas oublier que si les gens viennent dans une cave pour acheter leurs vins c'est pour le conseil avant tout. Avec le click and collect on ne l'aura pas de la même façon. En fait on est là pour rassurer les gens, j'ai beaucoup de personnes qui entrent dans ma boutique et qui me disent je n'y connais rien en vin. La première chose que je leur dis est : "Rassurez-vous, nous un peu plus !". Il y a ce côté sécurisant.


Quel était votre degré de présence sur internet avant la crise ?

Je suis présent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook je publie rarement mais sur Instagram, je me force à publier au moins tous les deux jours. Dès que j'ai une nouveauté qui rentre à la cave, dès que j'ai une opportunité sur un vin un peu différent, je communique dessus. Par exemple, ça m'a permis de vendre une caisse de Mouton Rothschild 2003, j'ai trouvé cet acheteur en deux jours.

Sinon je propose une newsletter tous les quinze jours depuis deux trois ans, j'y parle de l'actualité de la cave.


"Le caviste est (vraiment) sympa", on fonce chez David !


Informations pratiques :

Cave Ponthieu
27 rue de Ponthieu
01 53 75 35 96

Site internet
Instagram
Facebook


Camille RagotResponsable Marketing chez Wino
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