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Rencontre avec Philippe de la cave à Millésimes

Le 3 décembre,par Camille Ragot - Témoignages

On en prend plein les yeux en arrivant dans cette cave avec ses étagères bien fournies et ses bouteilles toutes plus attirantes les unes que les autres. On est aussi directement transporté par l'odeur venant de la cuisine. Elle nous donne envie de passer à table (même s'il n'est que 10h30) ! C'est donc un vrai voyage sensoriel et gustatif qui nous est promis en passant la porte de la boutique de Philippe. On a pu s'entretenir avec lui pour en savoir plus sur son métier.

Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?

Je suis gérant et associé de la cave à Millésimes depuis 2010, c'est une cave parisienne historique qui existe depuis 1963 avec vocation de proposer des vieux millésimes et des alcools rares. Située au 180 rue Lecourt dans le 15e arrondissement de Paris, on a affaire à une clientèle de quartier. Le 15ème arrondissement est un quartier résidentiel, familial. Nos clients sont donc essentiellement des habitants du quartier, des commerçants de proximité qui viennent acheter du vin.

Quels types de produit sont mis à l'honneur chez vous ?

La vocation première de la cave est de proposer des vieux millésimes et des vins rares mais on a un peu réorienté notre coeur de gamme : aujourd'hui on propose aussi un tas de régions et des vins tous aussi différents les uns que les autres. On a également étendu notre activité de caviste avec une activité annexe de restauration qu'on propose le midi. Il est aussi possible de venir déguster un verre le soir en semaine.

Malheureusement, on a peu de temps pour se déplacer dans les vignobles mais on a la chance d'avoir de bons agents avec de belles cartes qui viennent nous voir. Sinon à côté on fait nos propres recherches et on travaille en direct avec certains vignerons. Tout ça est perfectible évidemment.

L'autre particularité de la maison est le rachat de cave. On est connu historiquement pour cette raison. Cela nous donne accès à pas mal de vieux millésimes et nous permet de répondre à toutes les sollicitations comme par exemple les millésimes anniversaire.

"On a envie d'espérer que les gens se recentrent sur le commerce de proximité, qu'ils n'aient pas la mémoire courte."


Comment vivez-vous cette période particulière en tant que commerçant ?

Pendant le premier confinement on s'est d'abord bien assuré qu'on avait le droit d'ouvrir. Étant indépendant, et ayant peu d'humains à gérer contrairement à certaines enseignes, j'ai pris la liberté de continuer mon activité. On a travaillé bizarrement mais on a tout de même travaillé. Personnellement, ça m'a permis de capter de nouveaux clients à travers des newsletters. On a ouvert sur des plages restreintes : trois heures le matin et trois heures l'après-midi et le reste du temps on faisait des livraisons. On a travaillé sur des short lists de vins à prix correct voir même remisés pour être attractif et accompagner les gens pendant cette période. Je pense qu'on a également joué un rôle social et que c'est la raison aussi pour laquelle les clients venaient à la cave.


"Je ne suis pas fan du e-commerce mais je comprends qu'on ne puisse pas faire sans aujourd'hui."

Qu'est ce que cette crise à changer dans votre manière de travailler ?

On a travaillé différemment comme on était ouvert moins longtemps. On s'est recentré sur les clients qui étaient là, qui étaient chez eux. L'activité professionnelle, elle, par contre, était inexistante.L'autre objectif était d'arriver à exister à travers la concurrence et notamment internet. Je pense que beaucoup de vins ont été achetés via internet mais malgré ça beaucoup sont revenus vers nous.


Pensez-vous que cela aura pour conséquence une transformation du métier de commerçant ?

On a envie d'espérer que les gens se recentrent sur le commerce de proximité, qu'ils n'aient pas la mémoire courte. Mais ce qui est pris est pris. Je constate tout de même qu'il y a un trafic croissant en boutique depuis le mois d'avril.

Aujourd'hui, les personnes sont confinées chez elles, notamment le week-end. Le 15e arrondissement étant le quartier le plus grand de Paris, la base de clients potentiels est grande. Étant le seul caviste indépendant de la rue, j'espère arriver à attirer les gens pour la pertinence de ma gamme, les vins sélectionnés et le conseil.



Quel était votre degré de présence sur internet avant la crise ?

Le site est en refonte et je sais que ça me fait défaut. On veut mettre en place du click and collect sur le futur site mais je ne veux pas entrer dans la sphère de la vente en ligne. En tant que commerçant indépendant, je ne suis pas fan du e-commerce mais je comprends qu'on ne puisse pas faire sans aujourd'hui. Je dois m'y mettre. Par exemple, avoir un site vitrine, ça m'intéresse pour mettre en avant certains vins rare que les clients recherchent. C'est un moyen de se faire remarquer et de faire venir les gens en magasin. De plus, ça crédibilise l'enseigne et la pertinence de la gamme.

Je suis aussi présent sur les réseaux sociaux mais je n'en suis pas un grand fan. Je trouve qu'il y a des gens qui sont beaucoup plus compétents que moi pour faire ça. Je ne trouve pas le temps de m'y consacrer pleinement.

N'hésitez pas à passer la porte de la cave de Philippe pour y trouver des bouteilles d'exception.

Informations pratiques:

La cave à Millésimes
180 Rue Lecourbe 75015 Paris
01 48 28 22 62

Site internet
Instagram
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Camille RagotResponsable Digital Marketing chez Wino
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